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Nos élus gagnent-ils assez et devraient-ils gagner davantage ? le Ven 27 Juin - 10:59
Simon Forgues
Je m'explique.
On aimerait que tous nos ministres de la santé ait une connaissance approfondie du système de santé au Québec. Alors ça prend assurément quelqu'un qui y a travaillé, non ? Pourquoi pas un ancien neurochirurgien ou un cardiologue tant qu'à faire ? Pourquoi se contenter d'un généraliste ?
Même chose pour des postes clés comme ceux aux finances et au revenu où l'on voudrait peut-être d'un comptable agréé de formation, dont le salaire se situe actuellement aux environ de 147 628$ selon leur Ordre professionnel. Ou encore, pourquoi pas, un ancien vice-président aux finances d'une grande entreprise qui gagne un salaire qui tourne autour de 125 000$ et même presque le double parfois quand on est dans une grosse boîte.
Sauf que, ce n'est pas facile de recruter ce genre de personne avec un salaire de député de 83 714$ par année au Québec. Ajoutez à cela un salaire de 62 786$ pour la fonction ministérielle et vous n'arrivez même pas au salaire d'un simple député fédéral qui gagne 155 400 $ et qui, entre vous et moi, n'a guère plus d'ouvrage que le moins occupé des ministres québécois.
S'il n'y a pas de quoi crier famine à 146 500$ par année, il n'y a pas non plus de quoi convaincre le plus brillant chirurgien et le plus solide gestionnaire d'entreprise à se vouer à la vie politique ne serait-ce que quelques années. Je ne veux pas que l'on parte en peur et que l'on augmente leur rémunération de telle façon à attirer jusqu'au plus demeuré des péquenauds. Mais il faut être conséquent. On veut des gens avec de l'expérience et du vécu ? Payons-les comme il se doit.
Difficile en effet d'attirer la "crème" à faire le saut en politique alors que les salaires sont à toutes fins utiles risibles en comparaison avec ce qu'ils gagneraient en demeurant dans le secteur privé.
D'un autre côté, ça ne m'étonne pas qu'à plus de 155 000$ par année on voit autant d'opportunistes tenter leur chance sur la scène fédérale. Je ne nommerai pas de noms. Sauf qu'il m'en vient quand même plusieurs en tête. D'ailleurs, le salaire d'un député fédéral se rapproche drôlement des salaires versés aux représentants du Congrès ou encore aux sénateurs américains. Et pourtant, ceux-là travaillent pas mal plus qu'un député fédéral. Un député fédéral, à part que d'avoir une circonscription avec un peu plus de portes et d'électeurs qu'un député québécois, ça fait quoi de plus comme travail ?
Même si l'appât du gain ne devrait pas être en principe l'élément de motivation premier pour attiser chez quelqu'un le désir de servir l'état et ses concitoyens, force est d'admettre que ça demeure
néanmoins un facteur important. On a vu et on voit encore des Séguin et des Couillard quitter leur poste.
Je ne pense pas, pour revenir à mes propos, qu'il faille leur destiner des salaires mirobolants. Mais qu'on les paie à leur juste titre. De toute façon, même en les payant quelques dizaines de milliers de dollars de plus, ils ne pourront s'accrocher plus longtemps à leur fonction ministérielle que ce que les électeurs voudront bien leur donner.






