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    Livre: Histoire de la radio au Québec

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    Carl Fiset
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    proutporut Livre: Histoire de la radio au Québec

    Message par Carl Fiset le Mer 24 Oct - 0:16

    www.ledevoir.com

    La radio, une riche histoire, un avenir incertain
    Paul Cauchon

    On a souvent l'impression que les tendances médiatiques sont nouvelles, oubliant que des débats qui nous semblent très actuels sont souvent vieux comme le monde... ou, disons, vieux comme la radio.

    Prenez la mode des animateurs «agressifs», par exemple, ou de ce qu'on a appelé ces dernières années la «radio-poubelle». La trash radio a pourtant existé dès les années 60 aux États-Unis.

    Anecdote savoureuse: au début des années 70, André Arthur lui-même critiquait la nouvelle mode des tribunes téléphoniques. Le choix des sujets dans ce genre d'émission relève «de critères démagogiques», affirmait-il, les mêmes personnes appellent toujours aux stations de radio et «téléphoner aux postes fait partie de leur névrose»!

    Quant au débat sur le rôle de l'animateur de radio, il existait dès 1959, alors que le grand comédien Jean Duceppe prenait le micro de CKAC pour proposer un nouveau type d'animation, anti-journalistique selon les critères d'alors, où l'animateur donnait son opinion et participait lui-même aux débats.

    Reculons encore plus loin dans le temps. En 1936, l'agence de presse Canadien Press (CP) interdisait aux radios d'utiliser ses dépêches parce que les journaux, membres de l'agence, voulaient protéger leur marché. La radio a contourné le problème en allant chercher des nouvelles ailleurs et plus loin, aux États-Unis, grâce à une capacité technique que la CP n'avait pas. Tiens, cela nous rappelle le débat actuel sur Internet, qui peut contourner les contenus définis selon une base géographique, n'est-ce pas?

    C'est le genre d'anecdotes qu'on trouve dans cette Histoire de la radio au Québec, un volume de près de 500 pages qui vient de paraître chez Fides. L'auteur, Pierre Pagé, a longtemps été chercheur et administrateur à l'Université du Québec et est connu dans le milieu universitaire pour avoir écrit plusieurs livres sur la radio, dont un répertoire complet des oeuvres de la littérature radiophonique de 1930 à 1970.

    Cette fois-ci, il semble avoir voulu écrire un livre grand public, qui contient une foule d'anecdotes souvent méconnues.

    Un instrument de valorisation

    D'emblée, il explique comment la radio est apparue comme un média global, qui s'est tout de suite organisé selon le modèle des sections du journal, en proposant des informations politiques, des sujets sociaux, des jeux pour enfants, des reportages sportifs, des chroniques agricoles, et ainsi de suite.

    Dès sa naissance, «la radio venait apporter à toutes [les] catégories de citoyens une valorisation de la langue, un instrument familial de socialisation et d'information sur les questions économiques, une ouverture aux connaissances artistiques, culturelles et scientifiques». Pierre Pagé ajoute plus loin que «la radio a été un instrument de valorisation de la parole pour un peuple qu'on décrivait comme silencieux».

    Lorsque le gouvernement canadien accorde les premières licences de broadcasting en 1922, la radio était déjà fort attendue, et le public était déjà bien informé, par les journaux, des expérimentations en matière de TSF et de transmission. Le Québec n'était pas du tout à l'arrière-garde, et plusieurs recherches avaient été effectuées depuis 20 ans, à l'Université Laval par exemple.

    Jusqu'à l'arrivée de Radio-Canada en 1937, CKAC fut vraiment la grande radio culturelle, affirme l'auteur. Trois ans après sa naissance, elle couvre la première campagne électorale fédérale avec une unité mobile de 850 kilos, diffuse en direct la soirée des élections ainsi qu'une grande assemblée publique de Mackenzie King au Forum de Montréal, devant 18 000 personnes, tellement réussie que le premier ministre canadien félicite l'équipe pour la qualité de la transmission!

    La liste des hauts faits d'armes de la radio est très longue. Les grands radioromans, la naissance du service d'information de Radio-Canada, les reportages sur les camps de concentration en Allemagne par René Lévesque en même temps qu'Edward Murrow aux États-Unis, les grandes causeries de Radio-Collège de 1941 à 1956 à Radio-Canada, le Place aux femmes de Lise Payette, la première grande tribune libre de Pierre Pascau en 1967 à la radio privée, l'appui de la radio à la musique tant classique que populaire, la façon dont de grands écrivains sont devenus réalisateurs à Radio-Canada et l'empreinte qu'ils y ont laissée, le tandem Rioux-Cournoyer à CKAC dans les années 70, le grand débat radiophonique entre René Lévesque et Robert Bourassa à CKAC en 1976, écouté par des millions d'auditeurs, peut-être le dernier grand débat politique à avoir eu lieu à la radio, et ainsi de suite.

    Le problème avec une telle liste, évidemment, c'est qu'on ne peut s'empêcher d'y lire une époque maintenant révolue. Pierre Pagé termine son analyse en 1999: dans le livre, le phénomène de la radio-poubelle au Québec est effleuré et Internet, à peu près inexistant.

    Mais de toute façon, la radio vit encore les contrecoups de la grande crise des années 70-80, alors que le modèle radiophonique se déplaçait du service public à celui d'«industrie culturelle» qui devait être rentable pour les actionnaires des compagnies, selon Pagé. Abandonnant la fiction, les galas et les émissions de variétés à la télévision, devenue reine, la radio «se redécouvrait alors une spécificité et centrait son approche du public vers la conversation, le discours intimiste, la vie quotidienne, la rencontre de besoins culturels individuels».

    Et la grande radio généraliste disparaissait au profit des «formats», en même temps qu'explosait la bande FM.

    À l'ère de la radio satellite, du téléchargement de la musique sur Internet et des nouveaux contenus sur cellulaires, Pierre Pagé n'ose pas trop s'avancer sur l'avenir de la radio, se contentant de conclure qu'«il faut faire en sorte que la vie, l'innovation et la création soient toujours au rendez-vous de la radio du Québec». Ce qui semblera à plusieurs un voeu pieux devant un avenir plutôt incertain.

    Source: Le Devoir

    Infos sur le livre:

    Histoire de la radio au Québec
    Pierre Pagé
    Éditions Fides
    Montréal, 2007, 492 pages


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    Carl Fiset
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    proutporut Re: Livre: Histoire de la radio au Québec

    Message par Carl Fiset le Sam 27 Oct - 22:10

    Je viens de me procurer le livre en question. Bien fait, assez bien détaillé, Contrairement au livre sur l'histoire de la radio à Québec, Pierre Pagé, l'auteur du nouveau bouquin. Je l'ai feuilleté en diagonale et Pagé a décidé d'y aller d'abord par thèmes plutôt que de façon purement chronologique. À prime abord, très intéressant. Je vous en donnerai des nouvelles lorsque je l'aurai lu.


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