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    Claude Thibodeau: l'homme multi

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    Carl Fiset
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    proutporut Claude Thibodeau: l'homme multi

    Message par Carl Fiset le Ven 14 Déc - 21:50

    http://argent.canoe.com/galeries/histoire_succes/claude_thibodeau_p1.html

    Claude Thibodeau: Le redresseur radio, télé et journaux

    Qui êtes-vous et d'où venez-vous ?
    Je suis originaire de Sainte-Marie, en Beauce. Mon père était administrateur, directeur du personnel dans une grosse usine. Ma mèreest artiste. Le produit final est malheureusement une espèce d'amalgame entre ces deux codes génétiques !

    Intello, sportif ou les deux quand vous étiez jeune ?
    Pas sportif pour 5 sous, je faisais des gros complexes avec ça. A adolescence, la plupart de mes amis étaient des gens qui avaient beaucoup de succès en sport. Moi je me disais « qu'est ce que je vaisraconter à mes enfants un jour. Je n'ai pas de livre de records sur la tablette du foyer ».

    Les études, intéressantes ? Bon élève ?
    J'étais un bon élève, j'avais de très bonnes notes. À l'époque, on faisait le cours classique et on se destinait soit à une profession libérale, soit à la prêtrise. Mon histoire personnelle a démontré, par la suite, que ce deuxième chemin n'était pas envisageable. J'aurais fait bouillir l'eau des bénitiers !

    La radio, les premières armes, c'était à la radio étudiante, est-ce que c'était déjà un goût ?
    Il y avait de l'intérêt. Quand je suis allé au Cégep, il y en avait un seul qui donnait une formation en communication au Québec, c'était le Cégep de Jonquière. Mais je ne l'ai pas terminée car je ne savais pas choisir entre la radio, la télévision et la presse écrite. Le hasard de la vie a voulu que je travaille dans ces trois secteurs.

    Le premier vrai boulot, qu'est-ce que c'était ?
    J'étais animateur, à 20 ans, dans une station de radio qui démarrait dans ma petite ville de Sainte-Marie. Un an plus tard, le directeur des programmes a eu une malencontreuse maladie et je lui ai succédé. J'ai travaillé là-bas trois ans. On a eu de convaincantes augmentations de cote d'écoute mais un membre du personnel administratif était complètement en désaccord avec la programmation. Je suis donc parti. J'ai eu la chance de poursuivre à Québec à CJRP pendant 3 ans.

    Après ils ont procédé à l'embauche du très célèbre André Arthur. Il y a eu un changement de plage horaire et j'ai dit que cela ne m'intéressait pas. Vingt-quatre heures plus tard un ami m'appelle et me dit qu'il cherchait des gens au FM 93.

    Le FM 93 a été l'une des plus belles pages de l'histoire de la radio à Québec, vous y êtes arrivé par la petite porte, mais très vite ça a changé ?
    Je suis rentré en 1982 pour être voix commerciale. Après j'ai fait quelques remplacements avant de devenir actionnaire, puis patron de la boîte. En 1987, nous l'avons vendue à Cogeco qui venait de devenir une compagnie publique.

    S'ils voulaient tellement vous acheter c'est que vous étiez redevenu très populaire grâce à l'émission le Zoo ?
    Cette émission lancée en 1985 a bousculé la façon de faire au Québec. Ça nous a propulsés à un sommet de cote d'écoute qui n'a jamais été égalé à Québec depuis. Nous avions 576 000 auditeurs. Ce concept venait d'une d'émission matinale humoristique américaine The Morning Zoo.

    Cogeco rachète le FM 93. Vous êtes jeune, avec des sous dans les poches. Qu'est ce que vous faites ?
    J'avais une clause qui me retenait à l'entreprise pour au moins cinq ans pour gérer la transition. Je suis resté ce temps-là mais pas plus. Pour moi, les gens de Cogeco peinaient à avoir la nervosité nécessaire pour être des opérateurs.

    Rapidement, c'est la télé qui vient vous chercher ?
    Oui. Par hasard, TVA Québec cherchait quelqu'un pour diriger la station. Le problème de TVA c'était que les relations de travail étaient un peu tendues et la station venait d'être absorbée par Télé-Métropole Montréal. Il y avait eu une rationalisation et il fallait reconstruire des ponts. Ce que j'ai essayé de faire pendant sept ans avec beaucoup de plaisir.

    Apprendre la télé quand on vient de la radio, c'est complètement différent ?
    Oui mais mon arrivée a coïncidé avec l'apparition des camions micro-ondes qui permettaient de faire de l'information en direct. On rangeait les cassettes finalement et on faisait de la radio à la télévision.

    Vous êtes là en 1999 quand la tragédie frappe avec le décès de Gaétan Girouard. Ça a dû être épouvantable ?
    Ça a été difficile, on s'en est tous voulu, moi inclus. J'ai vu Gaétan la veille de son décès. Il venait de s'adonner à un exercice magistral sur TVA avec la soirée des élections et il était mortifié par sa performance. Il a été ramassé à la petite cuillère. Il y avait des signaux, des indices et on ne les a pas vus.

    Quelque temps après, on vous offre de devenir éditeur du Soleil ?
    Au début je n'étais pas certain car ce n'était pas un métier que je connaissais. J'ai eu une rencontre avec Conrad Black qui m'a dit : " c'est un gars comme toi que je veux et qui va voir mon journal comme un produit ". Et vous imaginez que les journalistes étaient extrêmement frileux quand ils m'ont vu arriver. Je leur ai dit que c'étaient des bons journalistes et qu'ils devaient faire ce qu'ils faisaient de mieux. Et moi me laisser faire ce que je fais de mieux, c'est-à-dire prendre leur réflexion, leur savoir et le vendre comme un produit. En 10 mois, on a augmenté le tirage de 10 %.

    Avec le recul, je crois que dans la presse écrite en général, ceux qui survivent actuellement, oui, ils voient loin en avant et ils voient comment ils vont se convertir à de nouveaux horizons de distribution. Mais c'est aussi des gens qui ont l'humilité d'admettre que le journal, ce n'est pas l'évangile, c'est un produit.

    C'est avec des idées comme ça qu'on vous a montré la porte au Soleil un an plus tard ?
    Quand le groupe Gesca a repris le Soleil, les prérogatives n'étaient plus les mêmes. Ils ont géré leurs journaux en région comme " des clubs fermes ". En prenant des gens de Montréal pour aller diriger le Soleil, sans chercher à Québec même des gens susceptibles de faire rayonner le journal. À cet égard, ils ont manqué de respect à la région de Québec.

    Un gars que Le Soleil trouve trop iconoclaste qui se retrouve à la radio de Radio-Canada à Québec, c'est un pari risqué ?
    C'est une aberration ! On m'avait expliqué que Radio-Canada souhaitait un signal clair de changement, qu'on allait se rapprocher de l'auditoire. On croyait que mon embauche allait donner ce message là. L'expérience a montré que ça a envoyé ce message, mais l'expérience a aussi montré que l'auditoire de Radio-Canada est conservateur et sectaire. Mon arrivée a dérangé.

    La radio à Québec, c'est un monde en soi, est-ce que c'est un cirque ?
    Oui. À Montréal, la radio a été influencée par la tradition radiophonique anglophone qui est très polie. À Québec, cette espèce d'ascendant-là n'a jamais existé et la radio a toujours été une radio de combat où ça brasse plus.

    Est ce que tout est permis pour autant ?
    Non, l'expérience démontre que tout n'est pas permis. Des jugements spectaculaires comme le jugement Chiasson avec des montants punitifs montrent que la responsabilité des administrateurs est désormais engagée. Si tu fais sortir les vidanges par tes animateurs quand la taxe de vidange arrive, tu vas être obligé de la payer.

    En rafale, principale qualité et principal défaut ?
    Qualités : curiosité, tête de cochon, pas la langue dans ma poche. Je dois dire que pendant des années, par fidélité à mes employeurs, dès qu'on me sollicitait pour donner une opinion sur quelque chose, je devais toujours filtrer mes propos et ma réflexion. Désormais, je suis affranchi de ces considérations, je ne travaille pour personne.

    Mais vous ne vous êtes pas privé souvent, quand même ?
    Je dois dire que depuis deux ans, je me paye la traite. Quand je vois aujourd'hui des manifestions de la bêtise humaine, quand on me le demande, je le dis.

    Les passions, les voitures anciennes ?
    Je m'amuse avec ça depuis plusieurs années, c'est le petit garçon qui est en moi qui n'a pas suffisamment joué.

    Qu'est ce qui vous passionne à part ça ?
    La famille. Comme bien des gens dans le domaine des affaires, quand tu veux avoir des résultats fous, parfois faut que tu fasses une vie de fou. J'ai scrapé mon premier mariage, je n'en suis pas fier. Mes enfants ont eu souvent un papa absent. J'ai trois filles et un petit-fils. Chez moi les mâles meurent très jeunes. Je vis sur du temps emprunté et j'apprécie chaque minute.


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